Description du machaon

Cette espèce de papillon a pour nom latin Papilio machaon (Linnaeus, 1758) appartenant à la famille des Papilionidae.
On le nomme aussi grand porte-queue car il peut mesurer, ailes déployées presque 10 centimètre d’envergure. Il est reconnaissable grâce à son vol particulier, battant des ailes puis planant.
Sa morphologie est distincte des autres porte-queues par des macules (ornements tachetés) de couleur bleue (au nombre de 6) et de couleur rouge (unique) sur ses ailes postérieures.  L’intérieur des ailes possède le même dessin que l’extérieur mais l’intérieur est beaucoup plus vif.
Pour un amateur, il peut  se confondre avec le flambé (lui possède de nombreuses rayures au lieu d’un damier crème et noir).

Le dimorphisme sexuel est peu marqué, il n’y a aucune différenciation au niveau des coloris ou de la forme des ailes. La femelle a l’abdomen plus renflé et le mâle l’a plus pointu. La femelle est souvent légèrement plus grande. Le moyen le plus simple est de regarder la pointe de l’abdomen et la confusion n’est plus possible.

Un mâle

Une femelle

Habitat et répartition

Très répandu (autrefois) il se rencontre un peu partout sur le globe, parcourant des kilomètres et pouvant même migrer. On le trouve surtout l’été en prairies sauvages et maintenant en ville sur les buddléias (arbre à papillons). En montagne, il ne « grimpe » pas à plus de 1800 mètres.

Cycle de vie

  • De l’œuf à la chenille: de 4 à 10 jours
  • de la chenille à la chrysalide: de 30 à 45 jours
  • de la chrysalide à l’imago: de 15 jours à 8 mois (hivernage)
  • durée de vie du papillon: de 1 à quelques semaines

Plantes hôtes

Ce sont des plantes qui servent de pondoirs à l’état naturel. Les machaons y pondent fréquemment. Les plus courantes sont le fenouil sauvage (Fœniculum vulgare) et la carotte sauvage (Daucus carota). Quelques autres plantes moins commune comme la rue fétide (Ruta graveolens) et la férule fétide du bassin méditerranéen (Ferula communis).
On peut y trouver des chenilles à prélever mais celles-ci sont très souvent parasitées par des mouches qui pondent à l’intérieur de la chenille.
On remarquera que la plupart du temps, la femelle papillon ne pond qu’un seul œuf par plant! C’est ce qui s’appelle « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». Elle peut ainsi disséminer sa ponte sur plusieurs kilomètres.

Le fenouil sauvage (Fœniculum vulgare)

Cette plante se rencontre en sol plutôt calcaire d’humidité moyenne aux expositions ensoleillées et surtout en terrains très drainants. Elle est vivace, disparaissant l’hiver pour renaître au printemps. On remarque d’ailleurs sur la photo, les branches sèches de l’année précédente.

Sa taille adulte avoisine 1 métre 50. Contrairement au fenouil cultivé, elle ne fait pas de bulbe. Elle est très reconnaissable à son feuillage très fin et très odorant (au parfum anisé) lorsqu’on le froisse.

Les fleurs sont comme la carotte disposées en ombelles et de couleur jaune. Elles apparaissent en milieu d’été et attirent de très nombreux pollinisateurs.

La carotte sauvage (Daucus carota)

Il en existe plusieurs variétés, certaines ont des tiges grêles et d’autres (comme celle-ci) aux tiges plus fortes et poilues. Leur feuillage est aussi beaucoup plus dense. On la rencontre surtout sur les talus où la terre est assez humide. L’exposition préférée est la mi-ombre. Adulte, elle mesure environ 1 mètre 20 se parant de fleur blanches disposées en ombelles en été. Elle est bisannuelle, c’est-à dire qu’il faut la ressemer tous les ans si l’on veut la cultiver.

Il est fortement conseillé de froisser quelques feuilles et de les sentir pour l’identifier. L’erreur serait de la confondre avec la grande ciguë qui elle est très toxique. Les poils des tiges et les feuilles très découpées sont des moyens sûrs pour ne pas s’y tromper.

La cerfeuil branche horticole

Le cerfeuil est une plante condimentaire utilisée pour parfumer les plats. Si l’homme l’adorent, les chenilles de machaon l’adorent.

La livèche (Levisticum officinale)

La variété sauvage est une excellente plante condimentaire. De culture facile, elle est rustique et vit plusieurs années. Sa floraison estivale de couleur jaune égaille un jardin champêtre et peut servir de pondoir aux papillons.

Chenilles au potager

Il arrive parfois de trouver quelques chenilles au jardin. Présentes sur le persil, les carottes et le fenouil, Elles ne seront jamais très nombreuses et ne mettront pas en péril la récolte, ne pondant que sur des plantes ayant déjà un bon développement.
Que Faire?
Le mieux est de les laisser se développer naturellement mais si vous voulez les observer, vous pouvez les déplacer, les installer dans une boîte plastique percée de trous. N’ayez aucune crainte à manipuler la chenille, elle est totalement inoffensive, non dangereuse, ne possédant pas de poils urticants. Le seul risque que vous prenez est qu’elle peut sortir 2 cornes orange libérant un parfum désagréable (un moyen défensif pour faire fuir les prédateurs)

La ponte

La femelle pond très rapidement, rarement plus d’un œuf à la fois puis repart aussi vite qu’elle était venue.

Quelques œufs récoltés sur du persil dans un élevage.

Dès la naissance la petite chenille mange l’enveloppe de l’œuf.

Elle mue déjà au bout de 2 à 3 jours. Elle mange sa mue la plupart du temps.

Le nourrissoir

Afin d’apporter aux chenilles de machaon en développement de la nourriture en abondance, le plus simple est de leur procurer de façon quotidienne de la nourriture fraîche.

Sur l’illustration, des feuilles de carotte sauvage et de citronnier sont à leur disposition.

Ici, un pot à crème a été utilisé. Le couvercle en plastique permet de faire des petit trous en forme de croix. Les tiges des plantes sont ainsi bien maintenues et les petites chenilles ne tomberont pas dans l’eau!

On peut aussi élever ces jeunes chenilles sur des plantes hôtes cultivées en pot. L’avantage est qu’elles ne fanent pas et l’entretien en est facilité.

Ce nourrissoir est lui même placé dans une cage à mailles fines (inférieures à 2 mm) afin d’éviter le parasitage des chenilles par des mouches.

Petits conseils d’éleveur: 

les chenilles qui broutent ne devraient pas être trop nombreuses et de même taille au risque de les voir se mordiller et tomber. Il faut parfois les replacer délicatement à la main (pas de poil urticant ni morsure). Aucune forme de cannibalisme n’a été constatée.

la température idéale semble être autour de 25°C. On évitera le soleil aux heures chaudes de la journée qui risquerait de brûler et sécher les chenilles n’ayant pas atteints leur troisième stade de développement. Le matin, les premiers rayons de soleil sont au contraire bénéfique. Les chenilles se mettent à brouter dès les premiers rayons.

La nourriture introduite doit être inspectée minutieusement à la loupe pour éviter d’y introduire un prédateur (asticot, araignée, punaise…)

Plantes de substitution (pour l’élevage)

Une chenille de machaon consommant une feuille de citronnier

Toutes les feuilles d’agrumes lui conviennent. La branche de citronnier est très pratique en élevage car elle permet de procurer une nourriture abondante et du fait de sa rigidité, la chenille s’y déplace facilement.

On peut aussi trouver des chenilles sur l’Oranger du Mexique (Choisya ternata) qui est une rutacée comme le citronnier.

La nourriture des chenilles en élevage


Voici une liste de plantes non exhaustive qui conviennent à leur alimentation:: fenouil de Florence (illustration), du cerfeuil, du persil (frisé ou plat) de l’angélique, du panais, de la livèche et de l’aneth.  Au marché, on peut acheter à la belle saison des carottes nouvelles avec les feuilles (fanes) à condition qu’elles soient issues de culture biologique non traitées avec des pesticides. Toutes ces plantes sont des ombellifères ou apiacées.

L’éclosoir


Les avantages de mettre les chrysalides à éclore sont multiples:

  • les papillons émergents (imago) sont plus tranquilles pour consolider leur ailes
  • Cela permet de contrôler l’humidité. Une vaporisation matinale et quotidienne semble bénéfique imitant la rosée du matin
  • l’observation y est rendu plus facile
  • l’on peut alors différencier les sexes plus facilement
  • l’éclosoir permet de prendre de belles photos

Celui-ci n’a pas besoin d’être très vaste mais devra impérativement être très aéré sans toutefois laisser passer les prédateurs.

REMARQUES:

  • en bas à droite, on voit une chrysalide ouverte
  • au milieu distingue une chrysalide de couleur grise
  • les supports pour les chrysalides devront être plantés verticalement dans un bac à sable
  • ils devront être rugueux pour que je jeune papillon s’y accroche bien
  • Si une chrysalide venait à se détacher, on peut la coller avec une colle alimentaire utilisée en pâtisserie ou un mastic acrylique.

A peine quelques secondes après la naissance, ce jeune imago s’accroche fermement pour déployer ses ailes.

Une pupe (enveloppe de la chrysalide) vide après l’éclosion. On remarque dans le bas de celle-ci un liquide orangé nommé méconium. Le jeune papillon expulse une matière fécale juste avant l’émergence.

De l’oeuf au papillon

Cage d’élevage pour l’accouplement des adultes


Il est préférable de placer les cages mi-ombre mi-soleil. On peut vaporiser de temps en temps pour maintenir une humidité lorsqu’il fait chaud.
On remarque dans cette mini-volière un buddleia pour le nectar (placé à l’ombre car il fane très vite) et un plan d’aneth pour la ponte.

L’accouplement


Le mâle (en bas) se tient à la femelle grâce à un système de crochets. La femelle le tient ainsi pendant une heure puis ils se détachent naturellement. Dans la nature, elle se déroule du mois de Juin à Septembre sur 2 ou 3 générations. Une fois cet acte passé, la femelle ira pondre. Le mâle ne survivra que quelques jours.

La maturité sexuelle pour la femelle est instantanée. Elle peut pondre dès la naissance alors que le mâle doit attendre 2 ou 3 jours avant de pouvoir procréer.

Pour les amateurs désirant reproduire le machaon en captivité, il est pratiquement indispensable de posséder une volière assez vaste. Il est très rare d’assister à un accouplement dans une cage d’une longueur inférieure à 1 mètre.

Les éleveurs professionnels pratiquent un appairage à la main en mettant face à face les organes reproducteurs des deux partenaires et en les maintenant dans cette position pendant une minute.

Le machaon face à l’hiver: méthode d’hivernage

Les papillons adoptent plusieurs stratégies différentes lorsque les températures descendent:

  • la migration (les 2 plus connus sont la belle dame en Europe et le monarque en Amérique du Nord)
  • l’hivernation à l’état adulte (paon du jour, citrons…). Ces papillons se mettent à l’abri de la pluie dans des anfractuosités de cailloux, des sous-pente de toiture, des crevasses dans les souches d’arbre.
  • l’hivernation de la chrysalide est la méthode la plus répandue car elle passe inaperçue dans la nature. Le machaon a adopté cette stratégie.

En élevage, il est facile de prendre une petite boîte en plastique style traiteur.

Il faudra percer quelques tout petits trous dans le couvercle, installer un lit de papier essuie-tout et de disposer le tout dans le bac à légume du réfrigérateur ou dans un garage. Si le réfrigérateur est à dégivrage automatique, il convient de mouiller l’essuie-tout très légèrement une fois par mois afin d’assurer une humidité constante.

Il suffira de les sortir au printemps et de les coller sur un support afin que les ailes de l’imago se développent correctement.

1 réponse

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Votre avis compte
[Total: 5 Moyenne: 4.8]